Mein Name ist Ferdinand



Qu'arrivait-il, où étais-je?
Mallarmé


Denn in der Finsternis haben die Worte eine seltsame Kraft der Erhellung.





Ferdinand Griffon, l'homme de lettre (Jean-Paul Belmondo).


FERDINAND. Velasquez ne saisissait plus dans le monde que les échanges mystérieux, qui font pénétrer les uns dans les autres les formes et les tons, par un progrès secret et continu dont aucun heurt, aucun sursaut ne dénonce ou n'interrompt la marche [Élie Faure].


Ich ist ein Anderer.


FERDINAND. ... on a eu la civilisation d'Athènes, la Renaissance ... on est désormais dans la civilisation du cul.


FULLER. A film is like a battleground. It’s love, hate, action, violence, and death. In one word: emotions.


FERDINAND: Y a pas d'unité. Je devrais avoir l'impression d'être unique, j'ai l'impression d'être plusieurs.


MARIANNE. Non, Pierrot.
FERDINAND. Je m´appelle Ferdinand.
MARIANNE. Oui, mais on ne peut pas dire: (singt zu Au clair de la lune) Mon-a-mi-Ferdinand ...


Eine komplizierte Geschichte.


Marianne Renoir (Anna Karina)

There was a young lady from hell / Who jumped at the sound of a bell / Because she was bad, bad, bad / She jumped at the sound of a bell / From hell (Boom, boom) / From hell (Toot, toot) / There was a young lady from hell - F. Scott Fitzgerald. Tender is the Night.



MARIANNE. Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours ô mon amour / jamais tu ne m'as promis de m'adorer toute la vie / jamais nous n'avons échangé de tels serments me connaissant te connaissant / jamais nous n'aurions cru être à jamais pris par l'amour / nous qui étions si inconstants.

Pourtant pourtant tout doucement sans qu'entre nous rien ne soit dit petit à petit / des sentiments se sont glissés entre nos corps qui se plaisaient à se mêler et puis des mots d'amour sont venus sur nos lèvres nues petit à petit / des tas de mots d'amour se sont mêlés tout doucement à nos baisers / combien de mots d'amour.

Jamais je n'aurais cru que tu me plairais toujours ô mon amour / jamais nous n'aurions pensé vivre ensemble sans nous lasser / nous réveiller tous les matins aussi surpris de nous trouver si bien dans le même lit / et ne désirer rien de plus que ce si quotidien plaisir d'être ensemble aussi bien.

Pourtant pourtant tout doucement sans qu'entre nous rien ne soit dit petit à petit / nos sentiments nous ont liés bien malgré nous sans y penser à tout jamais / des sentiments plus forts que tous les mots d'amour connus et inconnus /des sentiments si fous et si violents des sentiments auxquels avant nous n'aurions jamais cru.

Jamais ne dis jamais que tu m'aimeras toujours ô mon amour / jamais ne me promets de m'adorer toute la vie / n'échangeons surtout pas de tels serments me connaissant te connaissant / gardons le sentiment que notre amour au jour le jour / que notre amour est un amour sans lendemain.
[Serge Rezvani]


Godards Farbenlehre: Harlekin/Waffe.


Godards Realismus: Toast essen und Liedchen trällern, die Leiche derweil im Nebenzimmer.


MARIANNE. ...je t'expliquerais tout!...
FERDINAND. Une histoire compliquée ...
MARIANNE. Je t'expliquerais tout!
FERDINAND. De toute façon c'était le moment de quitter ce monde dégueulasse et pourri.


Total!



FERDINAND. Total!
MARIANNE. C'était un film d'aventure.
FERDINAND. Un diadème du sang.
MARIANNE. Total!
FERDINAND. Tendre est la nuit.
MARIANNE. C´est un roman d´amour.
FERDINAND. Tendre est la nuit.


Tender is the night.


Already with thee! Tender is the night / But here there is no light / Save what from heaven is with the breezes blown / Through verdurous glooms and winding mossy ways. Keats, Ode to a Nightingale.


Zigzag.



FERDINAND. Toujours le feu ... le sang ... la guerre ...


FERDINAND. Nous traversâmes la France comme des apparences.
MARIANNE. Comme un miroir.
FERDINAND. J'ai vu le café où Van Gogh, un soir terrible, a décidé de se couper l'oreille.


Les Pieds nickelés.


FERDINAND. Y a dix minutes je voyais la mort partout, maintenant c'est le contraire. Regarde: la mer, les vagues, le ciel...Ah! La vie est peut-être triste mais elle est toujours belle parce que je me sens libre. On peut faire ce qu'on veut. A droite, à gauche, à gauche, à droite.
MARIANNE. Lui, ben c'est un vrai p'tit con. Il roule sur une ligne droite. Il est forcé de la suivre jusqu'au bout...


FERDINAND. ... Quoi? Regarde!


Die Liebe muss neu erfunden werden.


MARIANNE. Une saison en enfer.
FERDINAND. L'amour est à réinventer.
MARIANNE. La vraie vie est ailleurs.

Quelle vie! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je vais où il va, il le faut. Et souvent il s’emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon ! — C’est un Démon, vous savez, ce n’est pas un homme. Rimbaud, Délires I.


MARIANNE. En tout cas tu m'a dit qu'on irait jusqu'au bout.
FERDINAND. Au bout de la nuit, oui.


Pierrot Lunaire.


MARIANNE. On la voit bien, la lune, hein?
FERDINAND. Je vois rien de spécial.
MARIANNE. Si, moi je vois un type. C'est peut-être Léonov, ou cet américain, là, White?
FERDINAND. Oui, je le vois aussi, mais c'est ni un popov, ni un neveu de l'Oncle Sam. Je vais te dire qui c'est.
MARIANNE. Qui c'est?
FERDINAND. C'est le seul habitant de la lune. Tu sais ce qu'il est en train de faire? Il est en train de se barrer à toute vitesse.
MARIANNE. Pourquoi?
FERDINAND. Regarde...
MARIANNE. Pourquoi?
FERDINAND. Parce qu'il en a marre. Quand il a vu débarquer Léonov, il est heureux. Tu parles! Enfin quelqu'un à qui parler, depuis des éternités qu'il était le seul habitant de la lune. Mais Léonov a essayé de lui faire entrer de force les oeuvres complètes de Lénine dans la tête. Alors dès que White a débarqué à son tour, il s'est réfugié chez l'Américain. Mais il n'avait même pas eu le temps de dire bonjour, que l'autre lui fourrait une bouteille de Coca-Cola dans la gueule, en le forçant à dire merci d'avance. Alors il en a marre. Il laisse les Américains et les Russes se tirer dessus, et il s'en va.
MARIANNE. Où il va?
FERDINAND. Ici. Parce qu'il trouve que tu es belle. Il t'admire. Je trouve que tes jambes et ta poitrine sont émouvantes.



FERDINAND. Un poète qui s'appelle revolver...
MARIANNE. Robert Browning.
FERDINAND. Pour échapper ...
MARIANNE. ...Jamais ...
FERDINAND. Bien aimé.
MARIANNE. Tant que je serais moi.
FERDINAND. Et que tu seras toi.
MARIANNE. Aussi longtemps que nous vivrons tous les deux.
FERDINAND. Moi qui t'aime.
MARIANNE. Et toi qui me repousses.
FERDINAND. Tant que l'un voudra fuir.
MARIANNE. Cela ressemble trop à la fatalité.


Aus Ruinen.


Ferdinand, Tagebuch: Nous vivons de chasse et de pêche.

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades / Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants / -Des écumes de fleurs ont béni mes dérades / Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants. Rimbaud. Le Bateau ivre.



Ferdinand, Tagebuch: La language poétique surgit des ruines.


MARIANNE. J'ai trouvé ça d'occasion. L'écrivain a le même nom que toi.
FERDINAND. Je veux brûler avant le froid au plein brasier du miracle... je me jette en plein dedans, je m'ébroue, les flammes m'environnent, m'emportent, m'élèvent entre elles tout tendrement, tout tourbillon! Je suis de feu!... Je suis tout lumière!... Je suis miracle!... J'entends plus rien!... Je m'élève!... Je passe dans les airs!... Ah! c'en est trop!... Je suis oiseau!... Je virevole!... Oiseau de feu!... Je ne sais plus!... c'est difficile de résister!... J'en hurle de plaisir... (Celine).


Blick. Verrat.




Die Wörter.


MARIANNE. Qu'est ce que je peux faire? J'sais pas quoi faire! Qu'est ce que je peux faire? J'sais pas quoi faire! Qu'est ce que je peux faire? J'sais pas quoi faire!


FERDINAND in der Art Claude Simons. J'ai trouvé une idée de roman. Ne plus décrire la vie des gens mais seulement la vie, la vie toute seule ; ce qu'il y a entre les gens, l'espace, le son et les couleurs. Je voudrais arriver à ça. Joyce a essayé, mais on doit pouvoir... pouvoir faire mieux.


FERDINAND. Au fond, la seule chose intéressante, c'est le chemin que prennent les êtres. Le tragique, c'est qu'une fois qu'on sait où ils vont, où ils sont, tout reste mystérieux.



Vietnam für die Touristen.


MARIANNE. Ce que je veux, moi, c'est vivre. Mais ça il le comprendra jamais. Vivre.


Ligne de chance.


MARIANNE. Moi j´ai une toute p´tite ligne de chance
Moi j´ai une toute p´tite ligne de chance
Si peu de chance dans la main
Ça me fait peur des lendemains
De ma ligne de chance, de ma ligne de chance
Dis-moi, chéri, qu´est-ce que t´en penses?


FERDINAND. Ce que j´en pense, quelle importance
C´est fou ce que j´aime ta ligne de hanche
Ta ligne de hanche

MARIANNE. Ma ligne de chance
FERDINAND. J´aime la caresser de mes mains
Ta ligne de hanche

MARIANNE. Ma ligne de chance
FERDINAND. C´est une fleur dans mon jardin

MARIANNE. Mais regarde ma p´tite ligne de chance
Mais regarde ma p´tite ligne de chance
Regarde ce tout petit destin
Si petit au creux de ma main
De ma ligne de chance, de ma ligne de chance
Dis-moi, chéri, qu´est-ce que t´en penses?


FERDINAND. Ce que j´en pense, quelle importance
Tais-toi et donne-moi ta main
Ta ligne de hanche

MARIANNE. Ma ligne de chance
FERDINAND. C´est un oiseau dans le matin
Ta ligne de hanche

MARIANNE. Ma ligne de chance
FERDINAND. L´oiseau frivole de nos destins

MARIANNE. Quand même, une si p´tite ligne de chance
Quand même, une si p´tite ligne de chance
Une si p´tite ligne, c´est moins que rien
À peine un p´tit point dans la main
De ma ligne de chance, de ma ligne de chance
Dis-moi, chéri, qu´est-ce que t´en penses?


FERDINAND. Ce que j´en pense, quelle importance
J´ suis fou de joie tous les matins
Ta ligne de hanche

MARIANNE. Ma ligne de chance
FERDINAND. Un oiseau chante dans mes mains
Ta ligne de hanche

MARIANNE. Ma ligne de chance
[Serge Rezvani]


We are such stuff.


FERDINAND. Peut-être que je rêve debout. Elle me fait penser à la musique. Son visage. On est arrivés à l'époque des hommes doubles. On n´a plus besoin de miroir pour parler tout seul. Quand Marianne dit: Il fait beau. Rien d´autre. A quoi elle pense? D´elle je n´ai que cette apparence disant: Il fait beau. Rien d'autre. A quoi bon expliquer ça? - Nous sommes faits de rêves et les rêves sont faits de nous. - Il fait beau mon amour dans les rêves les mots et la mort. - Il fait beau mon amour. Il fait beau dans la vie. [Aragon].

We are such stuff as dreams are made on, and our little life is rounded with a sleep.] Shakespeare. The Tempest.


Ich will das Blut nicht sehen.





Gewalttheatralik bei Godard.


FERDINAND. Ah, quelles terribles cinq heures du soir! Le sang je ne veux pas le voir. Le sang je ne veux pas le voir. Quelles terribles cinq heures du soir.

Nicolas de Stael. Seaside Railway.


Zärtlich und grausam.


Rimbaud/OUI.

J’inventai la couleur des voyelles! — A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. — Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d’inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l’autre, à tous les sens. Rimbaud. Délires II.



FERDINAND. Tendre et cruel / Réel et surréel / Terrifiant et marrant / Nocturne et diurne / Solite et insolite / Beau comme tout... [Jacques Prevert]

MARIANNE. ...Pierrot le fou!


Pierrot vs Harlequin.



Au clair de la lune, mon ami Pierrot
Prête-moi ta plume, pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte, je n'ai plus de feu.
Ouvre-moi ta porte, pour l'amour de Dieu.

Au clair de la lune, Pierrot répondit :
"Je n'ai pas de plume, je suis dans mon lit.
Va chez la voisine, je crois qu'elle y est
Car dans sa cuisine, on bat le briquet."

Au clair de la lune, l'aimable Lubin
Frappe chez la brune, elle répond soudain :
"Qui frappe de la sorte ?", il dit à son tour
"Ouvrez votre porte pour le Dieu d'Amour."

Au clair de la lune, on n'y voit qu'un peu.
On chercha la plume, on chercha du feu.
En cherchant d'la sorte je n'sais c'qu'on trouva.
Mais je sais qu'la porte sur eux se ferma.
]




FERDINAND. Chapitre suivant - Désespoir - Chapitre suivant - Liberté – Amertume.


Pierrot schaut in den Mond, Harlequin bekommt das Mädchen. So geht die Geschichte.


FERDINAND. Where should this music be? i' the air or the earth? / It sounds no more: and sure, it waits upon / Some god o' the island. Sitting on a bank, / Weeping again the king my father's wreck, / This music crept by me upon the waters, / Allaying both their fury and my passion / With its sweet air: thence I have follow'd it, / Or it hath drawn me rather. But 'tis gone. / No, it begins again. Shakespeare, The Tempest.


LAmoRT.


MARIANNE. C'était le premier ... c'était le seul rêve.

L'amour est le seul rêve qui ne se rêve pas. Paul Fort.


LAmoRT

Plätze, o Platz in Paris, unendlicher Schauplatz, / wo die Modistin, Madame Lamort, / die ruhlosen Wege der Erde, endlose Bänder, / schlingt und windet und neue aus ihnen / Schleifen erfindet, Rüschen, Blumen, Kokarden, künstliche / Früchte-, alle / unwahr gefärbt, - für die billigen / Winterhüte des Schicksals. Rilke, 5. Duineser Elegie.


FERDINAND. Après tout, je suis idiot. Merde.


MARIANNE. Elle est retrouvée.
FERDINAND. Quoi?
MARIANNE. L'Eternité.
FERDINAND. C'est la mer allée.
MARIANNE. Avec le soleil.

Elle est retrouvée!
- Quoi? - l'Eternité.
C'est la mer mêlée
Au soleil.

Rimbaud



Kommentare:

  1. Lieber Ray, da hast Du Dich ja reingekniet in Godard und Pierrots follies :o) Warst Du gerade dort, wo man wie Gott lebt, unterwegs?
    Hab mir natürlich gleich den Film auf you Tube angeschaut - der war mir irgendwie bisher entgangen - et oui - marrant et terrifiant, dieser roadmoovie, bevor es überhaupt roadmoovies gab - fing doch erst mit easy rider 1968 an, soweit ich weiss.

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  2. Oh - vergessen: Hier ist der link zum Film:
    http://www.youtube.com/watch?v=0Fd7X_k7IE8&feature=related

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  3. Ach, mit den Godardfilmen geht´s mir wie mit den alten Asterixbänden. Auch nach Jahrzehnten find ich noch Nuggets und frag mich dann, wie es sein konnte, dass mir die zuvor entgangen sind. :)

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  4. Mein Lieblingsdetail aus Asterix und Obelix: Während einer der wilden Schlägereien, vor der Hütte des Fischhändlers glaub ich, nähert sich eine Henne und verknallt sich mit verzücktem Blick, man siehts am roten Herzen, in den zu Boden gefallenen gefiederten Helm von Asterix :o)

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  5. Oje der Filmlink ist hin. Schau ich mir halt jetzt die Bilder an. Immer wenn eine Überschrift kommt erschrecke ich mich ein bisschen. In das Zigzag bin ich total! verliebt. Ich schreib mal alle Überswchriften hintereinander auf. Denn in der Finsternis haben die Worte eine seltsame Kraft der Erhellung. Ich ist ein anderer. Eine komplizierte Geschichte. Total! Tender is the night. Zigzag. Die Liebe muss neu erfunden werden. Pierrot Lunaire. Aus Ruinen. Blick. Verrat. Die Wörter. Ligne de chance. We are such stuff. Ich will das Blut nicht sehen. Zärtlich und grausam. Pierrot vs Harlequin. LAmoRT.

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  6. Bei alledem, Paul Haines dichtete mal: Immer wenn ich vollkommen überzeugt bin, dass es keine Fahrräder mehr gibt, - dann seh ich ein Mädchen, das auf einem sitzt. :)

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